Mercredi 3 mars 2010 3 03 /03 /Mars /2010 00:12
Le 5 décembre 2009, j'ai participé à un concours littéraire. Mon œuvre m'a fait décrocher la deuxième place. La voici rien que pour vos petits yeux tout pétillant d'impatience et d'admiration :

Guitariste itinérant, Richard se ballade de ville en ville à travers le monde. Ce texte est tiré de son carnet de route.

 

Marseille, le 21 mai 2009 :

 

Enfin sorti de ce satané bateau ! L'Algérie c’était pas mal mais les pois chiches me ballonnent. Voyons ce que la porte vers l’Afrique a à m’offrir après 5 ans d’absence. Le palais Longchamp est toujours là, au moins une bonne nouvelle. J’ai toujours été nostalgique de cet endroit pendant mon périple. Je me dois de lui rendre hommage en y jouant mon premier concert marseillais.

 

Forcément, le public était… Pas très présent. Qu’est donc devenue cette ville ? Pourquoi les gens ne s’arrêtent plus cinq minutes pour apprécier une petite chanson ? Et c’est quoi ce building sortit de terre ? Je sens comme un vent étrange, il n’est plus le même lui non plus.

Cinq ans… C’est long, c’est court mais pas mal de choses ont changées depuis. J’ai dans mes souvenirs une ville méridionale, pas aussi pressée qu’aujourd’hui. Je dois me faire des idées, après tout je viens d’arriver.

Il commence à se faire tard, j’espère que Benjamin habite toujours dans le coin.

 

Marseille, le 26 mai 2009 :

 

Dieu existe. Non seulement il me reste des amis dans cette ville mais en plus ils me trouvent du boulot. Je bosse en tant que serveur dans un salon de thé sur le boulevard Longchamp et je peux y donner un concert par semaine. Ça paye pas trop mal, je vais rester là quelques temps et ensuite à moi l’Asie.

Le retour en ville est assez violent. Je me ballade souvent, histoire de prendre le pouls du monde. La rue St. Ferréol me fait peur, c’est tellement oppressant. On dirait l’aorte de la ville, tout le monde se retrouve ici, fait ses petites courses en se dépêchant, avale un café en se dépêchant, fume sa clope en se dépêchant… Elle ne se donne plus le temps de rien. Je me sens comme un corps étranger au milieu de phagocytes, au moindre geste brusque elle m’arracherait la gueule. Je n’ose même pas prononcer le mot « sang » de peur de les exciter un peu plus.

C’est décidé, je vais répandre mon infection sous forme de musique.

 

3934384895_b068d268cf.jpgOù est le public ? Putain ! J’en ai bavé pour écrire ces chansons, tout y est mais cette ville n’est même pas capable de s’arrêter cinq petites minutes ! Remarque je comprends, quand dans un pays le prix du paquet de cigarettes excède un certains seuil, la population fini par craquer.

Je persiste, au moins le salon de thé de Benjamin est là. Les gens y sont un peu obligé de m’écouter. Qui sait ? Avec le temps peut être que ma musique percera l’armure de la ville.

 

Marseille, le 3 juin 2009 :

 

Je ne comprend plus rien. Après le chaos de la ville, Ben m’a conseillé d’aller faire un tour du côté des Goudes. Bonne idée, mais il n’y a pas âme qui vive dans ce quartier. J’y ai croisé un chat, un bar ouvert (mais seulement ouvert, il était carrément désert) et une voiture bleu. Même le son de ma guitare était plus fort que le bruit du vent.

J’ai décidé de déprimer un moment, avant de reprendre mon instrument. Je laisse aller mes doigts sur les cases, au grès de mon humeur. Je ne comprend pas. Je n’était pas loin du chaos humain de la ville et là plus rien. Cette ville est donc bien un regroupement de villages. Un dédale de petits coins perdus formant un tout appelé « Marseille ».

Est-ce que les phocéens avaient prévus ça ? Est-ce qu’en donnant de la flotte à son bellâtre, Gyptis avait prévu ça ? Ce caractère difforme de la ville m'effraie, mais je pense pouvoir m’y habituer. Si j’ai réussi à vaincre le désert, une ville ne dois pas être la mer à boire.

 

Marseille, le 16 juin 2009 :

 

Souvent je vais sur les toits de la ville pour jouer. Le vent m’accompagne toujours, il est omniprésent dans cette ville. Il transporte mes notes, emporte mes partitions et balaye mes gammes. Tout ça atterri sur la ville et se faufile parmi les rues, au milieu des gens pressés. Qui sait, peut être que mes mélodies ne tomberont pas dans l’oreille d’un sourd.

 

Ma vue commence à s’habituer à la ville, elle n’est pas si laide finalement. Quand on sait où regarder, on sait où trouver les derniers dinosaures qui savent encore prendre leur temps. La plupart sont sur des bancs, ou à la terrasse d’un café en train de refaire le monde avec leurs amis. Certains regardent le vieux-port, d’autres sont allongé sous un arbre en attendant demain. Les plages en regorgent aussi. Rien de tel qu’une bonne sieste sous un soleil de plomb pour faire ami-ami avec son tube de Biafine.

Ce vieux soleil qui bronze les gens, lui et le vent ont fais la réputation de Marseille. Cette ville attire les peuples de tous les horizons. Toutes les cultures s’y croisent et s’entrechoquent. La langue s’en ressent, le français pratiqué ici est bien différent de celui de Paris ou de Toulouse. Cette ville a son caractère, ce qui fait son charme. La somme de tous les peuples fait Marseille. Cette ville n’est pas française mais méditerranéenne. Elle est la capitale d’un empire perdu dominant la mer. Le soleil y est aveuglant mais mes lunettes noires sont inutiles ici. Je n’ai pas besoin de me cacher pour trouver les clés de mon art.

 

Je suis ici depuis un peu moins d’un mois mais je suis déjà retombé sous le charme de la ville. Il me faut cependant continuer mon voyage, l’appel de la route est inexorable. Ma soif de voir le monde ne peut s’assouvir mais une chose est sure, quand je serais devenu trop vieux pour voyager je reviendrais mourir ici.

 

Marseille.jpgMarseille, le 21 & 22 juin 2009 :

 

La fête de la musique, étrange. Pourquoi attendre un jour spécial pour sortir son instrument et jouer à qui veut bien l’entendre ? Ma foi, il faut de tout pour faire un monde. Ben en a profité pour me faire jouer toute la journée, voire jusque tard dans ce soir. Je trouve toujours étrange cette habitude d’attendre un jour en particulier pour écouter ce que le voisin a à jouer.

L’autre jour je vis cette diversité propre à la ville, aujourd’hui je l’entend. Même le vent s’est couché pour laisser la musique résonner. Toutes les mélodies s’entrecroisent pour former une magnifique symphonie. Voici donc l’hymne de la ville, on est bien loin de « La marseillaise ». Adieux le chant guerrier, au revoir la violence et bonjour la chaleur.

La fête s’est invitée dans les rues de la ville, le pastis coule et la bonne humeur est de rigueur. Je me laisse emporter par ce vent de folie, toute expérience est bonne à faire. J’aime cette façon de fêter l’arrivé de l’été. Tout en musique et en joie, la chaleur va s’amplifier et les écoles se vider.

 

C’est fou de voir tant de gens après ma traversée du désert. Ils sont restés pendus à mes cordes tout le long. Seul le bourdonnement du vent parvenait à me gêner. Mon style est imprégné de mes voyages, pas étonnant qu’ils apprécient. Marseille est l’un des carrefours du monde, il n’y a aucune couleur dominante. La ville est d’argent par ces immeubles qui abritent sa population, elle est d’azur par le ciel et la mer qui l’entoure. Mais j’y vois bien plus de nuance que dans sa devise.

Arrivé dans cette ville, je me voyait revenir de loin. Je pensais que j’allais être un étranger de plus parmi les étrangers. J’oubliais que Marseille est le royaume des voyageurs, une étape obligatoire entre l’Europe et l’Afrique. « Marseille brille par ses hauts-faits », je dirais qu’elle brille bien plus par son peuple. Elle est le point de départ d’un vent chaleureux qui souffle à travers le monde.

 

Un mois déjà, demain un musicien ver repartir sur les routes. Je vais me diriger vers la Turquie avant de rejoindre les Indes. Tu vas me manquer mais je dois repartir, mon voyage est encore loin d’être terminé.

Après une telle aventure, je quittais malgré tout à regret cette terre de Marseille, où l’étranger se sent comme chez lui et l’autochtone toujours un peu étranger… « Marseille appartient à ceux qui viennent du large ». C’est cette vieille citation de Blaise Cendars qui me revient en mémoire à l’instant où le destin, tel un coup de mistral m’emportait déjà loin de la vieille cité. 
Par Richie - Publié dans : Créations
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Dimanche 27 décembre 2009 7 27 /12 /Déc /2009 16:49

À l'avènement de l’âge d’or du “fumes pas, bois pas, habille toi classe et tu auras la beau-gosse attitude“ on aurait pu penser que les espèces humaines les plus intéressantes avaient disparus. Je pense à toutes ces personnes qui ont peuplé les décennies précédentes, comme ceux qu’on peut voir dans les films “Good morning England“, “Hotel Woodstock“ ou même “Wayne’s world“. Ces personnes sales qui fument, boivent, crachent, pêtent, rotent et tuti quanti.

 

1190507062Je suis dans une période où le temps libre est devenu précieux, car plus ça va et moins j’en ai. L’autre soir j’avais un peu de ce temps à consacrer à mon hobbie : l’observation. Je me suis laissé entraîner dans un lieu dont l'existence reste à prouver. Un lieu étrange où la loi Évin n’est qu’un mythe, où le rock vous enivre et où la bière n’est pas chère.

Le O’Bundies est l’un des derniers bastions punk qui m’ait été donné de voir, et encore j’y suis allé pendant une soirée “calme“. Au milieu de tous les RedSkins, un demi de bière à la main je me suis senti tout de suite chez moi, bien que mon caban faisait limite tâche face à tous les perfectos.

Les aprioris sont dangereux, je pensais m’être retrouvé au milieu de SkinHead racistes au plus haut point voulant savoir mon pourcentage de sang français et si j’avais ma carte du fan-club d’Eric Besson. Pas du tout, les RedSkins, bien qu’ayant un look similaire, ont une tout autre philosophie. Celle de combattre le feu par le feu, de répondre au glas fasciste des SkinHead par un grand coup batte dans leur tronche. Autre avantage, ils sont très conviviaux, jamais on m’a accueilli comme ça et pourtant je suis loin de cadrer avec cet univers… Comme le reste de l’univers d’ailleurs. La musique est très variée (bien que plutôt punk dans l’ensemble, on y écoute de tout) et les concerts qui y sont organisés sont assez mémoriaux. Dernière surprise de cette soirée, j’y ai rencontré un camarade de mon école de commerce qui cadrait encore moins que moi à l’ambiance.

 

Dans ce monde qui a tendance à s’aseptiser, il suffit de regarder à ses pieds pour trouver les derniers lieux de folies. Si vous ne voulez pas sombrer dans une névrose, si les banquets de l’archiduchesse vous gonfle ou si vous voulez tout simplement rencontrer de nouvelles personnes, courez-y. Ne me demandez surtout pas l’adresse, il reste assez peu de souvenirs de cette soirée.

Par Richie - Publié dans : Dossiers
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Vendredi 25 décembre 2009 5 25 /12 /Déc /2009 00:33

 /!\ Avant propos : Que l’on soit lecteur occasionnel ou assidu de bande dessinée, japonaise ou pas, Osamu Tezuka nous a tous un jour inévitablement touchés. Que ce soit à travers le lointain souvenir nostalgique d’un petit robot ou d’un lion blanc pour les plus vieux, ou avec l’émouvante mort de Mufasa devant les yeux de Simba pour les plus jeunes. Cet article, au-delà du cri d’amour pour le mangaka s’adresse principalement aux profanes voir à un public potentiellement désireux d’en savoir un peu plus sur l’un des plus grands auteurs du XXème siècle. Ceci explique sans doute sa relative brièveté : Comprenez que pour être à la hauteur, des pages et des pages ne suffiraient à rendre correctement hommage à cette figure aujourd’hui reconnue par ses pairs comme emblématique de la bande dessinée et pourtant toujours si injustement méconnue dans nos vertes contrées. Et quoi de plus normal de sortir ce petit billet les derniers jours de l'année qui aurait du marquer les 80 ans de l'artiste ; une manière d'apporter une petite pierre à l'edifice. L’exercice est de taille, et qu’il ne fut pas facile de se détacher de ses ardeurs pour rendre un travail le plus objectif possible. Peine perdue, comme vous vous en rendrez compte. J’espère néanmoins vous convaincre, le temps d’une lecture, que le voyage vaut pourtant bel et bien le coup.

 

Longtemps convoité, jamais é tezuka.gif galé, toujours concurrencé, jamais devancé, Osamu Tezuka fait aujourd’hui figure de pionnier de la bande dessinée japonaise moderne, laissant au monde un héritage considérable.

C’est dans la célèbre résidence de Tokiwa-sô qu’un petit monsieur fort modeste à l’allure frêle allait révolutionner le monde de ce qui est aujourd’hui admis comme le 9ème Art. Considéré par les occidentaux comme le Hergé Japonais, ses contemporains n’hésitent cependant pas à aller jusqu’à le qualifier de Shakespeare moderne (cf. Naoki Urasawa, auteur de Monster et 20th Century Boy), et c’est avec une évidence presque insolente lorsqu’on leur demande le pourquoi de leur engouement pour le manga que les japonais répondent « Vous n’avez pas eu Tezuka ».

 

L’influence du bonhomme au béret s’est en effet imposée dés ses premiers travaux dans le milieu des années 40. Particulièrement prolifique, Tezuka dessinera, chez lui, dans le train, dans un taxi, sur son lit d’hôpital, et ce jusqu’à sa mort. Il se fera vite remarquer de par son style visuel intégrant des codes jusqu’alors réservés à la littérature et au cinéma. Si quelques auteurs avaient déjà abordé cette approche (Hergé) aucun jusqu’ici n’avait usé du procédé aussi massivement que lui.

La bande dessinée est alors principalement comique au Japon, destinée à faire rire un public qui n’y arrive plus, particulièrement depuis les tragédies nucléaires d’Hiroshima et Nagasaki. Tezuka, s’il ne renie pas ce point de vue veut aller plus loin, il veut faire de la bande dessinée le vecteur d’émotions fortes et complexes chez le lecteur.

Il va alors trancher avec les procédés traditionnels orientant les cases sur un angle de vue unique, une vue « théâtrale » maintenant une distance entre lecteur et protagonistes : Tezuka va lui multiplier les angles, varier ses cadrages, zoomer, basculer les cases, briser leurs lignes, user et abuser des facteurs d’ambiance afin de créer une réelle impression de mouvement. Les gestes ne sont plus suggérés par des lignes cinétiques, ils se transposent d’une case à l’autre. Toujours dans un souci de recherche esthétique, l’auteur japonais ira jusqu’à devenir le précurseur d’un mode de narration visuelle qui fera la dynamique si particulière des mangas d’aujourd’hui. (1)

 

Outre sa virtuosité dans le découpage, c’est aussi son graphisme reconnaissable entre mille qui le fera se leo precision démarquer : un trait rond et des yeux élargis empruntés aux cartoons Disney bien que si déplaisant aux yeux des sceptiques  a pourtant son avantage de taille : une expressivité du trait entièrement maîtrisée contribuant à cette émotion tant recherchée par l’auteur qu’il ne cessera de renouveler au fil des années. Autre signe distinctif : son fameux « star-system » où les stéréotypes de ses personnages sont utilisés au fil de ses œuvres comme des acteurs, pouvant ainsi se retrouver d’une histoire à l’autre avec une personnalité totalement différente.

 

Mais les avancées n’ont pas uniquement porté sur la forme mais également sur le fond. Tezuka émerveille de par ses fabuleux dons de conteur. Humaniste convaincu, ses histoires sont marquées de valeurs qui lui sont chères: le refus catégorique de tout manichéisme, la sacralisation de la promesse tenue, de la vie, de l’ouverture spirituelle, n’hésitant pas à agrémenter ses conclusions d’une morale parfois dérangeante sans être niaise ni naïve. L’auteur arrive ainsi par la force de son récit à procurer une émotion jusqu’alors jamais rencontrée dans des œuvres de culture populaire, marquant à jamais plusieurs générations de lecteurs.

En plus de 40 ans de métier, Tezuka aura été sur tous les fronts, abordant tous les thèmes possibles et imaginables : aventure, science-fiction, horreur, romance, politique, policier, érotisme, récit historique, biographique, humoristique, thriller, fables noires, fantaisie… le tout étalé dans une œuvre colossale totalisant plus de 150 000 pages réparties en quelques 700 ouvrages. La richesse thématique de l’auteur s’en trouve de fait considérable, allant du conte pour enfant au drame psychologique.

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Arrive en 1950 l’une de ses premières grandes figures, Le Roi Leo, tout droit inspiré de la pièce Hamlet de Shakespeare, dont les grandes lignes seront par la suite plagiées sans vergogne par les Studios Disney pour la conception du Roi Lion en 1995. Un manque de reconnaissance flagrant surtout lorsque l’on sait l’admiration quasi-passionnel qu’éprouvait l’auteur pour le studio d’animation. L’absence de crédit à l’égard de Tezuka est d’autant plus incompréhensible au regard de la formidable qualité du long-métrage ayant grandement participé à la renaissance de la filière dans les années 90 qui l’aurait pourtant fait gagner en crédibilité et en mérite. Disney présentera des excuses officielles en 2001. (2)

 

Il créé en 1952, inspiré du Pinocchio de Walt Disney, le personnage d’Atom (connu en tant qu’Astro Boy chez nous), icône emblématique faisant aujourd’hui intégralement partie de l’inconscient collectif Japonais qui, s’il paraît infantile de prime abord, abordera des questions politiques particulièrement avancées pour son époque : aussi les thèmes de la recherche de soi ou de la discrimination sont-il rapportés au délicat sujet de la relation homme/machine, transposition futuriste du problème identitaire et interculturel de l’époque.

Récemment victime du mauvais goût persistant Hollywoodien pour la 3D à travers le film que lui consacre David Bowers, les hommages de qualité au petit robot sont pourtant légions. Aussi se réjouit-t-on enfin de l’arrivée en France de Pluto de Naoki Urasawa, poignante adaptation d’un des plus célèbres chapitres de l’œuvre (3). La fabuleuse série animée de 2003 ne manque également pas de se conformer aux volontés du défunt auteur, redonnant à Astro ses lettres de noblesse.

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Dans les années 70, éternel perfectionniste, toujours soucieux du renouvellement de son œuvre et en perpétuelle remise en cause, Tezuka s’oriente vers des récits plus adultes ; nait alors le fameux personnage de Black Jack, chirurgien de génie œuvrant sans licence dans la plus totale illégalité, l’occasion de porter un regard froid et à la fois généreux sur la société d’alors à travers chaque patient et probablement le témoignage d’une des frustrations de l’auteur : bien que titulaire d’un Doctorat en médecine, Tezuka ne pratiquera jamais de sa vie. Il est cette fois question avec Black Jack pour lui de s’interroger sur la valeur de la vie et du rôle de l’éthique dans de courtes fables moralisatrices qui n’épargneront personne, pas même le médecin marron pourtant premier redresseur de tord.

Il continuera sur cette lignée dans les années 80, ainsi sort L’histoire des 3 Adolf  drame historique par excellence. L’auteur, tout en y confessant une période douloureuse de son enfance, nous livre un thriller politique d’une rare intensité. Maintes fois acclamée par les fans, cette histoire est souvent considérée comme l’un de ses sommets et également comme le meilleur moyen de se plonger dans l’univers Tezukéen pour le néophyte : Satisfaction garantie, même pour les plus fervents opposants de la bande dessinée nipponne.

La vie de l’auteur s’achèvera bien trop tôt le 9 Février 1989, à l‘âge de 60 ans, avec pas moins de 4 séries restées inachevées, Gringo, Ludwig B., Neo Faust, et Ikki Mandara qu’il continuera sur son lit de mort tout en donnant ses instructions à distance à ses assistants.

 

 

 (1) Pour plus de détails concernant ce style de narration visuel, voir la revue 10 000 images, Tezuka : dissection d’un mythe véritable mine d’or m’ayant énormément aidé à la réalisation de ce paragraphe

 (2) Du fait du caractère anecdotique de ces excuses, l’info affirmée par Wikipedia reste à vérifier bien que cette vérité générale semble aujourd’hui admise par bon nombre de fans Disneyens.

 (3) Dont la sortie des deux premiers tomes est programmée pour le 5 Février 2010 chez Kana. A lire d’urgence !

 

 

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Par Monky - Publié dans : Japoniaiseries
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Vendredi 13 novembre 2009 5 13 /11 /Nov /2009 23:43

Bonsoir à toutes et à tous. C’est avec un black-out de pas moins de 2 semaines que le WM revient en trombe pour votre plus grand bonheur chers lecteurs.

Commençons tout d’abord par un double mea culpa ; d’un du fait de cette longue période d’attente sans votre lumière hebdomadaire, et de deux à propos d’une grossière erreur faite précédemment : ce n’est bien évidemment pas Patrick Devedjian qui s’était insurgé du diabolique complot médiatique contre Jean, mais bien l’infâme Frederick Lefebvre (Fred, si tu nous lis, sache qu’on t’aime tous, surtout quand t’es pas là).

Comme nous n’en sommes pas à une ironie prêt, il fallait bien s’avoir qu’aujourd’hui, Vendredi 13, Journée Nationale de la Gentillesse est aussi la St Brice ! Une bonne fête donc à tête de tomate notre cher Brice Hortefeux qui profite ainsi d’un capital sympathie rehaussé grâce à ce superbe concours de circonstances.

Bon, trêve de conneries, voilà les niouzes (ou plutôt la niouze pour cette semaine) :

Eric Raoult vous connaissez ? Si allez faites un effort, ce bon gentil monsieur maire-député de Le Raincy qui fut plein de si bons conseils et qui refusait le quota de logements sociaux sous prétexte « qu’on est pas à Bamako » flirtant volontiers avec son copain Jean-Marie du FN ! Il n’en était pas à une bourde prête, aujourd’hui le député de Seine-Saint-Denis a donc fièrement sommé le Ministre de la Culture d’imposer à Marie NDiaye (auteure ayant reçu le prix Goncourt de cette année) un devoir de réserve. Ben Voyons ! La raison ? Les propos qui suivent:

« Je trouve cette France-là monstrueuse. Le fait que nous ayons choisi de vivre à Berlin depuis deux ans est loin d'être étranger à ça. Nous sommes partis juste après les élections, en grande partie à cause de Sarkozy, même si j'ai bien conscience que dire ça peut paraître snob. Je trouve détestable cette atmosphère de flicage, de vulgarité… Besson, Hortefeux, tous ces gens-là, je les trouve monstrueux. Pour moi, ces gens-là, ils représentent une forme de mort, d'abêtissement de la réflexion, un refus d'une différence possible. Et même si Angela Merkel est une femme de droite, elle n'a rien à voir avec la droite de Sarkozy : elle a une morale que la droite française n'a plus. »

Eh ben si ça c’est pas du clash mes p’tits nounours ! Prétextant ainsi que le « prix Goncourt, c’est la France » Mr. Raoult se porte alors défenseur du bâillonage intellectuel. Cachez cet esprit critique que je ne saurais voir ! (surtout quand c’est une black qui l’ouvre et que je suis un militant FN qui s’ignore). Le bestiau Mitterrand lui non plus ne s’est pas loupé pour l’ouvrir une fois de plus… Il en est plus à ça prêt vous me direz. Pour lui Eric Raoult c’est surtout:

« Pas un ami mais un proche, un homme chaleureux qui, dans les deux mois qui viennent de s'écouler, s'est révélé, dans la majorité, un des plus gentils et des plus offensifs pour prendre ma défense. Pour ce que j'en connais, c'est un type entier. »

Un gros dégueulasse qui en soutient un autre, tout est à sa place finalement.

On en reste là pour cette semaine, see you next week en attendant d’autres blagues succulentes.

P.S. : Allez proposer quelques petites choses à Richie sur l’Article de la grande blague du Grand Débat sur l’Identité Nationale bande de feignasses, c’est fait pour et ça va pas vous mordre (promis).

 

 

 

Par Monky - Publié dans : Weekly Monky
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Dimanche 8 novembre 2009 7 08 /11 /Nov /2009 19:59

Notre tendre et valeureux ministre de l’identité nationale, de l’immigration et du racisme positif s’est réveillé ! Après son coup des envois groupés des colis afghans, ce cher Besson a décidé de lancer un débat d’une extrême importance en ces temps de crise et de problèmes climatiques : Qu’est ce qu’être français aujourd’hui ?

 

Visiblement, cela implique de prononcer des inepties à la télé alors qu’il y a nettement mieux à foutre. Je vous propose donc un petit jeu mes chers lecteurs :

Proposez-moi vos réponses à cette question existentielle, en ces temps de troubles raciaux ou les sarrasins viennent nous voler notre pain !

Les idées qui ressortent le plus dans vos commentaires constitueront LA réponse que j’irai poster sur le site consacré à ce débat. Ne lésinez pas sur les mots, les idées et vos sentiments. Ce qui me permet d’écrire ces articles que vous aimez tant, c’est justement parce que j’y mets toutes mes couilles.

 

Je vais vous donner ma version de la réponse, histoire de partir sur de bonnes bases :

« Être français aujourd’hui, à part avoir honte de ses politiciens, requiert une grande largeur d’esprit. Nous avons la chance de vivre dans un pays plutôt cosmopolite où plusieurs cultures se croisent dans nos rues. Le français lambda est celui qui a la chance d’apprendre des cultures qu’il a pu côtoyer. “Français“ est un terme trop vague pour être défini. Vivre en France, affirmer ses droits, sa liberté et son opinion devrait faire l’affaire.

Si vous insinuez qu’être pale comme un linge, voter UMP, avoir fait sa communion et porter un béret en allant chercher sa baguette de pain c’est être français, vous feriez mieux d’abandonner votre débat. »

 

Voilà, sobre, cynique et ironique. Sans gros mots mais plein de mauvaise foi. La parole est à vous désormais.

Par Richie - Publié dans : Actualité
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